Il a longtemps été présenté comme l'homme d'affaires le plus discret du régime de Caracas. Le 15 septembre 2026, devant la juge fédérale Kathleen Williams à Miami, Alex Saab a fini par reconnaître ce que la justice américaine lui reprochait depuis des années : avoir participé à un vaste système de corruption, au détriment des Vénézuéliens les plus pauvres.
Un programme pour nourrir les pauvres
Le CLAP (Comité local d'approvisionnement et de production) devait distribuer de la nourriture subventionnée à des familles frappées par l'effondrement économique du Venezuela. Un programme vital, financé par l'argent public.
Selon ses propres aveux, Alex Saab a organisé le versement de pots-de-vin et d'autres paiements illégaux à des agents publics, pour que des sociétés secrètement contrôlées par lui et ses associés remportent les contrats d'importation de nourriture et de médicaments.
Fausses sociétés, fausses factures
D'après l'accusation, le réseau s'appuyait sur des sociétés fictives, de fausses factures et des documents d'expédition falsifiés pour siphonner des centaines de millions de dollars destinés à la population.
L'argent était ensuite blanchi à travers des sociétés écrans à l'étranger, y compris aux États-Unis. C'est précisément ce passage par le système financier américain qui a permis à Washington de poursuivre l'affaire.
« Des sociétés fictives, de fausses factures et de faux documents d'expédition pour siphonner des centaines de millions de dollars. »L'accusation américaine (traduit)
Six ans de feuilleton judiciaire
L'histoire judiciaire d'Alex Saab ressemble à un thriller. Arrêté au Cap-Vert en 2020, puis extradé vers les États-Unis, il est libéré en décembre 2023 : le président Joe Biden lui accorde sa clémence dans le cadre d'un échange de prisonniers avec le Venezuela.
Le répit est de courte durée. Il est de nouveau inculpé en janvier 2026, puis expulsé vers les États-Unis en mai 2026 par le gouvernement intérimaire vénézuélien. Quatre mois plus tard, il plaide coupable.
195 millions et une coopération qui inquiète
Dans le cadre de son accord, il accepte de renoncer à 195 millions de dollars de produits de ce système et de coopérer aux enquêtes fédérales en cours. En échange, les procureurs pourront recommander une peine réduite si sa coopération est jugée substantielle.
Un détail qui change tout : un homme qui a passé près de dix ans au cœur de ces circuits sait beaucoup de choses. Ce qu'il dira aux enquêteurs pourrait relancer d'autres volets du dossier.
Ce qu'il risque
Alex Saab a plaidé coupable d'un chef de complot de blanchiment d'argent, passible de 20 ans de prison au maximum. La date du prononcé de la peine n'a pas encore été fixée.
