« Je n'ai pas reçu un centime d'argent libyen. » Jusqu'au bout de son procès en appel, Nicolas Sarkozy a répété la même phrase. Le 30 novembre 2026, la cour d'appel de Paris dira si elle le croit. L'enjeu est immense pour l'ancien président, devenu en 2025 le premier chef d'État de la Ve République à passer par la case prison.
Le séisme de 2025
Le 25 septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris condamne Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, dans le dossier du financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. Il est en revanche relaxé des chefs de corruption, de recel de détournement de fonds publics et de financement illégal de campagne.
Ses proches Claude Guéant et Brice Hortefeux sont eux aussi condamnés. L'ancien président est incarcéré à la prison de la Santé, avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre 2025, après moins de trois semaines de détention.
Un appel à haut risque
Le procès en appel s'est tenu du 16 mars au 27 mai 2026. Le parquet général a frappé fort : il a requis sept ans de prison, deux de plus qu'en première instance, et cinq ans d'inéligibilité. Il demande aussi que Nicolas Sarkozy soit reconnu coupable de corruption, de recel de détournement de fonds publics et de financement illégal de campagne, les infractions dont il avait été relaxé.
La défense, elle, a plaidé la relaxe pure et simple.
« Je n'ai pas reçu un centime d'argent libyen. »Nicolas Sarkozy, à la fin de son procès en appel
Ce qui se joue le 30 novembre
La cour peut confirmer, alourdir, alléger ou annuler la condamnation. Quelle que soit sa décision, un pourvoi en cassation reste possible. Pour Nicolas Sarkozy, déjà définitivement condamné dans d'autres affaires, ce verdict pèsera lourd sur la fin de sa vie publique.
Nicolas Sarkozy conteste les faits. Tant que la décision n'est pas définitive, il reste présumé innocent.
